Trois formules existent pour une installation résidentielle. L'autoconsommation totale, sans contrat de rachat, où le surplus part sur le réseau sans être payé. L'autoconsommation avec vente du surplus, de loin la plus répandue. Et la revente totale, où toute la production est vendue et où la maison continue d'acheter toute son électricité.
Pourquoi le surplus rapporte-t-il si peu ?
Depuis 2025, le tarif de rachat du surplus pour une installation jusqu'à 9 kWc est tombé autour de 4 centimes le kWh, révisé chaque trimestre par la Commission de régulation de l'énergie. Dans le même temps, le kWh acheté au réseau coûte environ 19 à 21 centimes.
L'écart change tout le calcul. Chaque kWh consommé sur place vaut cinq fois plus qu'un kWh revendu. Une installation rentable en 2026 est donc une installation dimensionnée pour être consommée, pas pour remplir un contrat de rachat.
Quel taux d'autoconsommation est réaliste ?
Sans rien changer à vos habitudes, une maison consomme en direct 30 à 40 % de la production d'une installation de 3 kWc. Le reste est injecté quand personne n'est là pour l'utiliser, typiquement en semaine entre 11 h et 16 h.
Le taux monte à 50 ou 70 % avec quelques gestes simples. Programmer le lave-linge et le lave-vaisselle en milieu de journée, faire chauffer le ballon d'eau chaude sur la production solaire plutôt qu'en heures creuses, charger la voiture électrique le week-end à midi. Le routeur solaire, qui envoie le surplus vers le ballon, coûte 400 à 900 € posé et se rentabilise vite.
Combien rapporte chaque formule ?
Prenons une installation de 3 kWc qui produit 3 200 kWh par an, dans une maison francilienne avec un taux d'autoconsommation de 50 %. L'économie sur la facture atteint environ 300 € par an, et la revente du surplus rapporte à peine 65 €. Le total tourne autour de 365 € par an, en hausse avec chaque augmentation du prix de l'électricité.
En revente totale, la même production est vendue à un tarif trimestriel plus élevé que celui du surplus, mais inférieur au prix du kWh que vous continuez d'acheter. Sur une petite installation, l'écart de rentabilité est désormais faible ou défavorable, et la revente totale ne protège pas contre la hausse du prix de l'électricité.
Quand la revente totale reste-t-elle pertinente ?
Elle se justifie quand la consommation de jour est quasi nulle : résidence secondaire, maison vide en journée toute l'année, ou grande toiture de dépendance bien plus productive que les besoins de la maison. Elle simplifie aussi la gestion, puisqu'il n'y a rien à piloter.
Pour un pavillon occupé, avec un ballon d'eau chaude électrique ou une pompe à chaleur, l'autoconsommation avec vente du surplus reste la formule la plus rentable en 2026. C'est aussi la seule qui ouvre droit à la prime à l'autoconsommation.
Et l'autoconsommation sans contrat de rachat ?
Elle concerne les très petites installations, comme un ou deux panneaux prêts à brancher sur une prise ou un balcon. Leur surplus est cédé gratuitement au réseau. L'installation doit malgré tout être déclarée à Enedis, même pour un seul panneau.
Comment mesurer son taux d'autoconsommation ?
La plupart des installations récentes sont livrées avec une application de suivi. Elle affiche la production, la part consommée sur place et la part injectée, jour par jour. Regardez-la après un mois d'été et un mois d'hiver : c'est là que se voient les habitudes à décaler.
Le compteur Linky donne l'autre moitié de l'information, puisqu'il mesure ce que vous injectez et ce que vous achetez. Les deux chiffres croisés donnent le taux réel, souvent plus faible que celui de la simulation commerciale.
Le cas des maisons tout électrique ?
Beaucoup de pavillons franciliens des années 1970 et 1980 sont chauffés par des convecteurs, avec un ballon électrique. Ce sont les maisons où l'autoconsommation fonctionne le mieux au printemps et en été, grâce au ballon, et le moins bien en hiver, quand le chauffage consomme la nuit.
Pour ces maisons, le photovoltaïque se combine bien avec un chauffe-eau thermodynamique ou une pompe à chaleur. L'ordre compte : réduire d'abord la consommation de chauffage, puis dimensionner le solaire sur ce qui reste.
Dans quels cas l'autoconsommation déçoit-elle ?
- Un foyer absent toute la journée, sans ballon électrique ni appareil à programmer : le taux plafonne sous 30 %.
- Une installation surdimensionnée par rapport à la consommation, vendue sur la promesse d'un « autofinancement » qui repose sur un tarif de rachat qui n'existe plus.
- Une maison chauffée au gaz avec un chauffe-eau gaz : il ne reste presque rien d'électrique à décaler en journée.
Ce que le devis doit chiffrer
Le taux d'autoconsommation retenu, et l'hypothèse qui le justifie. Un devis qui calcule la rentabilité avec 80 ou 100 % d'autoconsommation, sans batterie ni pilotage, surestime l'économie de moitié. Demandez le calcul avec un taux de 35 %, puis avec le pilotage proposé, pour voir ce que vous achetez réellement.
Questions fréquentes
Quel est le tarif de rachat du surplus en 2026 ?
Pour une installation jusqu'à 9 kWc, il tourne autour de 4 centimes le kWh depuis 2025. Il est révisé chaque trimestre par la Commission de régulation de l'énergie, et le tarif applicable est celui du trimestre de votre demande de raccordement, garanti vingt ans.
Peut-on passer de la revente totale à l'autoconsommation ?
Pas en cours de contrat sans le résilier, ce qui fait perdre les conditions du tarif initial. Le choix se fait donc au moment du raccordement. En cas de doute sur une maison occupée en journée, l'autoconsommation avec vente du surplus est le choix le plus sûr.
Un routeur solaire vaut-il la dépense ?
Oui, dès qu'il y a un ballon d'eau chaude électrique. Pour 400 à 900 € posé, il chauffe l'eau avec le surplus au lieu de le céder à 4 centimes. Dans une famille de quatre personnes, il fait gagner 10 à 20 points de taux d'autoconsommation.
Combien coûterait votre installation ?
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