Combien produit un panneau solaire en Île-de-France, mois par mois ?
Un kWc bien orienté produit 1 000 à 1 150 kWh par an en Île-de-France, dont près des trois quarts d'avril à septembre. Voici la production mois par mois pour 1, 3 et 6 kWc, et ce qu'elle change au choix de la puissance.
En Île-de-France, un kilowatt-crête (kWc) de panneaux bien orienté produit entre 1 000 et 1 150 kWh par an. Ce chiffre annuel cache pourtant l'essentiel : un toit francilien produit quatre à cinq fois plus en juillet qu'en décembre.
Or une maison consomme davantage l'hiver. Comprendre la production mois par mois, c'est donc savoir ce que les panneaux vont vraiment effacer sur votre facture, et choisir la bonne puissance au lieu de celle qu'on vous propose.
Combien produit 1 kWc de panneaux solaires en Île-de-France sur une année ?
Un kWc posé plein sud, incliné à 30° et sans ombre, produit 1 000 à 1 150 kWh par an en Île-de-France. Une installation de 3 kWc livre donc environ 3 200 kWh, et une installation de 6 kWc autour de 6 500 kWh. Le nord de la région, plus souvent couvert, se situe dans le bas de la fourchette.
Un kWc correspond aujourd'hui à deux ou trois panneaux récents de 400 à 450 Wc, soit 5 m² de toiture environ. Ces chiffres s'appuient sur l'ensoleillement moyen mesuré dans la région sur plusieurs années, et sur des pertes réalistes de câblage, de chaleur et d'onduleur.
Une année réelle peut s'écarter de 5 à 8 % de cette moyenne. Un printemps pluvieux comme celui de 2024 fait perdre une centaine de kWh sur une installation de 3 kWc, un été très sec en fait gagner autant.
Quelle est la production d'un panneau solaire mois par mois ?
La production grimpe de 35 à 45 kWh par kWc en janvier jusqu'à 135 à 150 kWh en juillet, puis redescend. Les six mois d'avril à septembre fournissent à eux seuls près des trois quarts de l'énergie annuelle. Le tableau donne les fourchettes pour 1, 3 et 6 kWc.
| Mois | 1 kWc | 3 kWc | 6 kWc |
|---|---|---|---|
| Janvier | 35 à 45 kWh | 105 à 135 kWh | 210 à 270 kWh |
| Février | 55 à 65 kWh | 165 à 195 kWh | 330 à 390 kWh |
| Mars | 85 à 100 kWh | 255 à 300 kWh | 510 à 600 kWh |
| Avril | 115 à 130 kWh | 345 à 390 kWh | 690 à 780 kWh |
| Mai | 125 à 140 kWh | 375 à 420 kWh | 750 à 840 kWh |
| Juin | 130 à 145 kWh | 390 à 435 kWh | 780 à 870 kWh |
| Juillet | 135 à 150 kWh | 405 à 450 kWh | 810 à 900 kWh |
| Août | 120 à 135 kWh | 360 à 405 kWh | 720 à 810 kWh |
| Septembre | 95 à 110 kWh | 285 à 330 kWh | 570 à 660 kWh |
| Octobre | 60 à 75 kWh | 180 à 225 kWh | 360 à 450 kWh |
| Novembre | 35 à 45 kWh | 105 à 135 kWh | 210 à 270 kWh |
| Décembre | 25 à 35 kWh | 75 à 105 kWh | 150 à 210 kWh |
Ces valeurs valent pour une toiture plein sud, inclinée entre 30 et 35°. Pour une autre orientation, appliquez les coefficients donnés plus bas.
Ramenées à la journée, elles parlent davantage. En juillet, 3 kWc produisent 13 à 15 kWh par jour, soit plus que la consommation diurne de la plupart des foyers. En décembre, la même installation en donne à peine 3, de quoi faire tourner un réfrigérateur et une box internet.

Pourquoi l'hiver produit-il si peu en Île-de-France ?
De novembre à janvier, les journées sont courtes, le soleil reste bas et le ciel francilien est couvert plus d'un jour sur deux. Ces trois mois réunis produisent à peine autant que le seul mois de juin. Les panneaux ne tombent pas en panne : c'est la lumière qui manque.
Pour une maison chauffée à l'électricité, c'est précisément la période où la facture pèse le plus. Le photovoltaïque réduit donc surtout la facture du printemps et de l'été, pas celle de l'hiver.
Il ne remplace ni une meilleure isolation ni un chauffage plus efficace, qui agissent sur les mois où l'on consomme le plus. Si votre objectif est de faire baisser la facture de chauffage, une pompe à chaleur air/eau vient avant les panneaux.
Vérifier la production annoncée par un devis
L'outil public PVGIS, mis à disposition par le Centre commun de recherche de la Commission européenne, calcule gratuitement la production mois par mois d'une installation à votre adresse. Il suffit de saisir la puissance, l'orientation et l'inclinaison du toit.
Si le devis annonce plus de 1 200 kWh par kWc et par an en Île-de-France, demandez à l'installateur d'où vient ce chiffre. Une production gonflée de 15 % suffit à rendre rentable, sur le papier, une installation qui ne l'est pas.
Que changent l'orientation et l'inclinaison du toit ?
Un toit orienté est ou ouest perd 15 à 20 % de production annuelle par rapport au plein sud, mais il étale sa production sur la matinée ou la fin d'après-midi. Pour un foyer présent à ces heures-là, cet étalement améliore l'autoconsommation et compense une partie de la perte.
| Orientation | Inclinaison 30 à 35° | Inclinaison 45° | Toit plat, 10 à 15° |
|---|---|---|---|
| Sud | 100 % | 96 à 98 % | 88 à 92 % |
| Sud-est ou sud-ouest | 95 à 97 % | 92 à 94 % | 87 à 90 % |
| Est ou ouest | 80 à 85 % | 75 à 80 % | 84 à 87 % |
| Nord | 55 à 60 % | 45 à 50 % | 75 à 80 % |
Les toits franciliens sont souvent pentus, entre 35 et 45° sur les pavillons en meulière et les maisons de ville. L'écart avec l'optimum reste alors limité. Une inclinaison forte favorise même légèrement l'hiver, quand le soleil est bas.
Sur un toit plat ou une toiture-terrasse, les panneaux sont posés sur des supports inclinés à 10 ou 15°. On y gagne une orientation libre, au prix d'une production un peu plus faible et de contraintes de lestage qu'il faut faire vérifier.
Quel est l'effet de l'ombre et de la chaleur sur la production ?
L'ombre coûte plus cher que l'orientation, surtout en hiver. Un arbre, une cheminée ou un immeuble voisin qui masque une partie du toit entre novembre et février peut faire perdre la moitié de la production de ces mois-là. La chaleur, elle, retire 5 à 10 % aux plus belles journées d'été.
En petite couronne, les ombres portées par les immeubles voisins sont la première cause d'écart entre la production annoncée et la production réelle. Observez votre toit à différentes heures, en été comme en hiver, avant de demander un devis.
Un installateur sérieux réalise un relevé d'ombrage sur place et le reporte dans la production annoncée. Sur un toit partiellement ombragé, des micro-onduleurs ou des optimiseurs limitent la perte au seul panneau touché, pour 400 à 900 € de plus sur une installation de 3 kWc.
La chaleur est un phénomène plus discret. Un panneau perd environ 0,3 à 0,4 % de rendement par degré au-dessus de 25 °C. C'est pourquoi un jour frais et clair d'avril produit parfois autant qu'une journée caniculaire de juillet.
Combien coûte une installation et combien fait-elle économiser ?
En Île-de-France, les devis relevés en septembre 2026 placent une installation de 3 kWc entre 7 000 et 9 000 € posée, et une installation de 6 kWc entre 11 000 et 14 000 €. L'économie annuelle dépend surtout de la part de production que vous consommez vous-même, bien mieux valorisée que le surplus revendu.
| Puissance | Prix posé (septembre 2026) | Production annuelle | Économie annuelle estimée |
|---|---|---|---|
| 3 kWc | 7 000 à 9 000 € | 3 000 à 3 400 kWh | 320 à 450 € |
| 4,5 kWc | 9 000 à 11 500 € | 4 500 à 5 100 kWh | 420 à 600 € |
| 6 kWc | 11 000 à 14 000 € | 6 000 à 6 900 kWh | 570 à 800 € |
Prix posés relevés en septembre 2026 dans les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise, les Yvelines, l'Essonne et la Seine-et-Marne, matériel, pose et démarches compris, primes non déduites. Les économies supposent un kWh acheté autour de 20 centimes et un surplus revendu autour de 4 centimes.
Chaque kWh consommé sur place évite l'achat d'un kWh au réseau, facturé 19 à 21 centimes. Chaque kWh injecté est acheté par EDF OA autour de 4 centimes pour une installation jusqu'à 9 kWc. L'écart explique pourquoi une installation trop grande rapporte si peu de plus.
Les aides évoluent chaque trimestre. Le montant de la prime à l'autoconsommation et du tarif de rachat est fixé par l'arrêté tarifaire et publié par la Commission de régulation de l'énergie. La TVA réduite à 5,5 % pour les installations jusqu'à 9 kWc, sous conditions, est décrite sur le site officiel impots.gouv.fr. Notre page aides et primes fait le point.
Comment dimensionner son installation à partir de ces chiffres ?
Comparez la production mensuelle du tableau avec votre consommation mois par mois, disponible gratuitement dans votre espace client Enedis. La bonne puissance est celle dont la production d'été couvre votre consommation de jour en été, sans la dépasser largement.
Pour un foyer absent en semaine, cela donne rarement plus de 3 kWc. Pour un foyer en télétravail, avec un chauffe-eau piloté sur la production ou une voiture électrique qui charge le week-end, 4,5 à 6 kWc se valorisent sans peine.
La méthode tient en trois étapes :
- relevez votre consommation de juin et de juillet, et estimez la part consommée entre 10 h et 17 h (souvent 35 à 50 %) ;
- comparez-la à la production mensuelle de 3, 4,5 et 6 kWc donnée plus haut ;
- retenez la puissance dont la production d'été dépasse de peu cette consommation de jour.
Si votre consommation de juin tombe nettement sous la production estimée, l'installation proposée est trop grande. Le surplus sera revendu à bas prix, et le retour sur investissement s'allongera de plusieurs années. Le guide de l'autoconsommation détaille le calcul du taux à viser.
Dans quels cas le photovoltaïque n'est-il pas la bonne solution ?
Les panneaux ne sont pas le bon choix quand le toit est fortement ombragé, orienté au nord, en fin de vie ou quand la maison consomme très peu en journée. Dans ces cas, l'installation produit trop peu, ou produit à contretemps, et ne se rembourse pas en moins de vingt ans.
- Une toiture à refaire dans les cinq ans. Déposer puis reposer les panneaux coûte 1 500 à 3 000 €. Mieux vaut refaire la couverture d'abord.
- Un toit ombragé l'hiver et une partie de l'été. Avec plus de 20 % de pertes par ombrage, la rentabilité s'effondre, même avec des micro-onduleurs.
- Un secteur protégé. Aux abords d'un monument historique, l'architecte des Bâtiments de France peut refuser la pose ou imposer des panneaux intégrés, plus chers.
- Un chauffage électrique ancien. L'argent est mieux placé dans l'isolation ou une pompe à chaleur, qui agissent sur la facture d'hiver.
- Un appartement. Sans toit individuel, le photovoltaïque n'est pas accessible, sauf projet collectif porté par la copropriété.
Dans ces situations, un installateur honnête le dira. Un vendeur qui insiste malgré tout vous vend autre chose qu'une installation adaptée, et notre article sur le démarchage au solaire vous aidera à le repérer.
Comment obtenir une estimation fiable pour votre toit ?
Seule une visite technique donne une production fiable pour votre maison : orientation exacte, inclinaison, ombrages relevés sur place et état de la charpente. Demandez au moins deux devis et comparez la production annoncée en kWh, pas seulement le prix.
Pour aller plus loin, notre guide des panneaux photovoltaïques en Île-de-France détaille les démarches en mairie et le raccordement Enedis. Si votre projet est prêt, vous pouvez demander vos devis en deux minutes à des installateurs RGE de votre secteur.
Questions fréquentes
Combien de panneaux faut-il pour 3 kWc ?
Sept à huit panneaux récents de 400 à 450 Wc, soit environ 15 m² de toiture. Le nombre exact dépend de la puissance unitaire des modules retenus par l'installateur.
La production baisse-t-elle avec les années ?
Oui, légèrement. Les fabricants garantissent en général 80 à 87 % de la puissance d'origine après 25 ou 30 ans, et la perte réelle tourne autour de 0,4 à 0,5 % par an sur des panneaux de qualité.
Les panneaux produisent-ils par temps couvert ?
Oui, mais peu. Sous un ciel gris d'hiver, la production tombe à 10 à 25 % de celle d'une journée claire. C'est ce qui explique les faibles chiffres de novembre à janvier en Île-de-France.
Faut-il nettoyer les panneaux pour garder la production ?
Rarement sur un toit incliné : la pluie suffit dans la plupart des cas. Un nettoyage à l'eau claire se justifie près d'un axe routier chargé, sous des arbres ou sur un toit presque plat où la poussière s'accumule.
Un projet solaire ou de pompe à chaleur à chiffrer ?
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Demander un devis gratuitRédigé par
Nadia Benali
Ancienne chargée d'études photovoltaïques en Île-de-France, elle a passé douze ans à dimensionner des installations résidentielles, du pavillon de Seine-et-Marne à la maison de ville des Hauts-de-Seine. Elle relit les devis que les lecteurs lui envoient et traduit les simulations commerciales en kWh réels.
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